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On a beau sortir notre carapace, assumer notre quotidien et même l'aimer, dans des moments de faiblesse, le regard des autres est pire que n'importe quelle épée en plein coeur... Comment vivre sa vie avec joie quand les autres jugent cette vie? Comment assumer son cheminement de pensée quand ils pensent que vous ne savez pas éduquer?

Pourquoi toujours devoir se justifier?

Un jour, entre deux pleurs, j'ai pu avouer à ma mère que j'étais heureuse. Que ma vie me plaît et m'enrichit à un point qu'elle n'imagine même pas... Elle avait l'air surprise, ma propre mère... Peut-être me met-elle dans ce cliché de la mère qui bosse, qui fait la popotte, qui subit sa vie, son mec et ses mômes, et qui en plus, se laisse engrosser pour un troisième marmot... Quand même, 3 enfants, ça lui vient d'où cette idée?? Mais c'est en ayant peur pour moi, que tu me fais peur, Maman...

Il y a ceux qui ne comprennent pas qu'on puisse avoir un enfant qui ne rentre pas dans le moule que la société voudrait lui donner. Un enfant qu'on dit difficile. Un enfant dont on te demande régulièrement s'il n'est pas hyperactif. Alors tu te mets à pleurer, parce que tu sais, tu sais comment il est puisque tu vis avec lui chaque jour. Et tu leur dis. Tu leur dis en sanglotant comme une pauvre mère épuisée et faible que tu ne diagnostiques pas ce genre de chose avant l'âge de 6 ans. Qu'aujourd'hui, c'est juste un petit garçon de 3ans et demi, et qu'il faut simplement le prendre comme ça. Tu pleures, bêtement, et les gens se projettent encore l'image pathétique de la mère désemparée, qui subit. Et toi, qui espères juste que les termes TDAH ne fassent pas parti de ton quotidien un jour...

Il y a aussi ceux qui te mettent sur un piédestal, parce que tu te renseignes, parce que tu sais des choses, parce qu'ils croient que c'est plus facile pour toi. Ceux qui ne savent rien de moi, et qui pensent que eux sont moins bien... Soit ils te le disent d'une manière positive, et tu peux leur rétablir des vérités. Soit ils te le reprochent, silencieusement, sournoisement, dans ton dos. Ceux-là continueront car ils n'auront jamais la vérité et finiront seulement par te détester...

Il y a ceux qui nous acceptent, tels que nous sommes. Qui nous suivent et nous supportent dans nos vies. Qui parfois, même, nous comprennent. Il y a ceux qui savent, qui ont conscience de la vie qu'on vit, et qui vivent la leur, sans nous reprocher la notre. Ceux qui savent se détacher et faire la part des choses. Parfois parce qu'ils se retrouvent dans cette vie-là. Ils nous font confiance, ces gens. Ils nous permettent d'y croire, de nous aider à avancer, de ne pas nous replier sur un quotidien qu'on ne voudrait pas, et qui, pourtant, rentrerait terriblement dans le moule.

Et puis il y a ce petit garçon que la vie nous a donné. Pour tous les jours. Tous les instants. Et pas juste dont on s'occupe de temps en temps... Ce petit garçon si différent de sa soeur... Avec son étiquette déjà collée sur son front, de petit garçon "mal élevé qui ne tient pas en place". Ce petit gars, qui ne demande rien à personne, et qui nous fout en pleine gueule le "tant que tu ne le vis pas, tu ne sais pas", si difficile à concevoir pour ceux qui, justement, ne vivent pas avec ce petit garçon-là. Voilà, peut-être qu'il y a simplement ceux qui ne savent pas...