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Il y a ma fille. Douce, tendre, bienveillante. Elle a toujours été calme, tranquille. On serait prêt à la prendre pour une enfant modèle, malgré ses quelques sautes d'humeur. Elle a 4,5 ans, et est très fière de faire de la danse le mercredi après midi.

Il y a mon fils. Généreux, tendre, plein de vie. Petit clown, qui aime rire et faire rire, qui adore les bisous. Il a 2,5 ans, et ne peut s'empêcher de s'arrêter pour admirer les motos qui passent.
Il y a l'image qu'on se fait de l'Enfant. Cet enfant idéal dont on parle en psychologie.
Et il y a mon fils.
Petit garçon de 2 ans et demi. Plein de vie, énergique. Très énergique. Trop énergique.
À peine ouvre-t-il ses jolis yeux, que c'est parti. Il rit, saute, court, chantonne... Même s'il est 6:00 du matin. Il court, il rit, il crie. Même si c'est terriblement dur de se lever pour tenter de le contenir un minimum.
Il est difficile d'être ce petit garçon de 2 ans et demi. Et il est d'autant plus difficile d'être son parent. Tirer un trait sur cet enfant idéal qu'il n'est pas. Assumer ses "crises" et son trop plein d'énergie dans une société qui n'est pas prête à l'entendre.
Il est difficile, bruyant, mal élevé. Nous sommes de mauvais parents. "Il est difficile votre fils."
Si vous n'avez rien de plus intéressant à dire Monsieur, taisez-vous.
Et au lieu de nous regarder avec de grands yeux, au lieu de nous reprocher son manque de calme, essayez un peu l'empathie. Tentez 5 minutes de vous mettre à notre place. Prenez conscience que ce n'est pas drôle au quotidien, de devoir gérer un petit garçon dans son monde, dans sa vie, plein d'énergie... Imaginez donc que les journées sont longues, très longues, que les nuits sont courtes, que les conflits sont fréquents. Mettez-vous en tête que parfois, il est difficile, oui. Difficile de comprendre ce qu'il ressent, de savoir ce qu'il faut faire, de trouver comment réagir. Difficile souvent de garder patience, d'avoir la force de maîtriser sa colère. Difficile de paraître en société avec cet enfant qui ne sait pas marcher, juste sautiller, chanter, danser, crier, faire de la musique à longueur de journée. Alors gardez vos regards et vos reproches. Ravalez votre bave qu'on puisse s'occuper comme il le faut de cet enfant, au lieu de s'occuper de la pression que votre soit disant "bonne conduite" nous fout sur les épaules.
On ne sait pas ce que c'est, vivre avec un enfant comme ça, tant qu'on ne le vit pas... Et très sincèrement, je vous souhaite de ne jamais être confrontés à ce genre de situation! Oui, je suis sympa, quand même.