2 ans de silence.
Cela fait plus de 2 ans que j'ignore à quoi ressemble ta vie.
Où habites-tu? Avec qui partages-tu tes moments de bonheur? Sors-tu? Aimes-tu?
Tu as choisi de partir, de laisser femme et enfants, pour te libérer. Pour revivre, comme tu disais.
Tu as souhaité rendre les choses difficiles, encore plus dures qu'elles ne le sont dans ces cas-là. Quand on décide de partir, il y a l'art et la manière de le faire. Tu n'as eu ni l'art, ni la manière.
Tu n'as eu que la haine, la souffrance et la malhonnêteté pour t'accompagner. C'est pour cela que j'ai choisi de ne plus approuver.
Cela fait 2 ans que consciemment, je ne souhaite plus te voir, te parler. 2 ans que j'ai préféré t'exclure de ma vie, pour nous éviter de souffrir, pour oublier que je suis une partie de toi.
Je ne t'ai pas dit que tu allais être grand-père, tu n'as jamais cherché à connaitre ta petite fille, tu ne sauras pas que tu serais bientôt de nouveau grand-père.
En approuvant mon silence, tu as tiré un trait sur le passé. Sur les rires partagés, les dimanches après-midi à jouer, les larmes séchées...
Tu laisses dans mon souvenir les moments difficiles où tu as commencé à t'éloigner, les dimanches non partagés, les soirées à pleurer à ne pas t'entendre rentrer, les cris lancés, nos prières vaines de tout améliorer.
Les choses se sont empirées, les cris ont gonflés, les larmes multipliées, jusqu'à ce point de non retour. Ce départ au mauvais moment, un moment où la famille aurait du être rapprochée. Cette nouvelle, d'abord comme une libération pour ma maman, s'est trop vite transformée en cauchemar. Cette haine que tu lances depuis que tu as fais tes valises. Es-tu vraiment heureux pour te comporter ainsi?
Personne ne comprend ton silence, l'abandon de tes enfants. Je ne le comprend pas. Je traduis simplement ton comportement par un profond malheur. Quel gâchis...
Aujourd'hui, je ne regrette pas d'avoir tiré un trait sur toi. Je regrette seulement ton choix de n'avoir pensé qu'à toi.
Je ne regrette pas de ne plus avoir de père. Je regrette que tu ne connaisses pas ses sourires, ses rires et ses bonheurs. Que tu ne vois pas ses beaux yeux bleus, ce visage qui me ressemble, qui te ressemble...
Je regrette simplement que mon enfant n'ait jamais vu son grand-père.