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Il est 1h du matin. On l'entend pleurer. Le petit enfant a besoin. Lou va le chercher dans son lit et de mon côté, je prépare mon sein. Je redépose mon bébé après une courte tétée.

Il est 3h30, le réveil de Lou sonne. Il se lève, se prépare, vient m'embrasser. On se souhaite une bonne journée et on se rappelle que l'on s'aime.
4h38, mon petit garçon vient se blottir sous mes draps chauds. Souvent, il colle son petit derrière contre mon ventre. Je lui offre un baiser. On dort.
6h22, mon doux bébé réclame son petit déjeuner. Je le prends contre moi, l'embrasse comme je l'aime. Je profite de ce moment pour me reposer ou câliner son petit cou tendrement. A la fin de la tétée, je le porte contre ma poitrine et le repose dans son lit.
Il est 7h28, mon réveil sonne. On est samedi, les enfants dorment encore un peu. Ils sont beaux quand ils dorment, ils se ressemblent. Cette maison calme est plaisante. Je me prépare, je descends me faire un café, préparer un petit petit-déjeuner. Je range éventuellement un peu de vaisselle pendant que la bouilloire travaille seule. J'espère boire mon café avant qu'un des trois ne se mette à m'appeler. Je ne pense qu'à ça. Ca et "J'espère que Lou est bien arrivé".
Il est 8h13. Un tout petit enfant se manifeste. Je monte, mon café à moitié avalé. Il m'accueille de son visage plein de sourires, ses mains pleines de caresses. Couche, débarbouillage, bisoutage, habillage. La maisonnée commence à s'agiter, un autre enfant apparaît. Elle me lance un "Bonjour 'man" qui me fait tendrement sourire. Elle embrasse son petit frère avec amour, me parle de sa tenue du jour. Un autre petit garçon arrive, il est déterminé à dire bonjour à son frère, surtout pas à moi! Il fonce sur sa sœur qui n'aime pas ça, mais qui sourit sincèrement en recevant son baiser du matin un peu trop collant...
On s'arrange pour que tout le monde soit habillé au mieux. Chacun essaie de laisser sa chambre dans un état correct, moi la première...

On descend, un doudou dans les bras des enfants, et moi, avec le bébé et son sac à langer que je viens de préparer.

Il est 8h34. Rien ne sert de courir, on est déjà en retard. On avale le petit petit-déjeuner. J'éponge le verre renversé, je beurre des tartines, j'avale l'autre moitié de mon café rapidement réchauffé. On essaie de tous participer pour débarrasser, je fais au mieux un peu de vaisselle pour éviter de ne la retouver ce soir. On saute dans les chaussures et les vestes. Je m'énumère tout ce que je dois avoir pris. Le sac de couches, le repas du petit, tout le monde a son doudou? je vérifie que j'ai de quoi m'acheter mon sandwich du midi, que la clé du magasin est bien dans ma poche. Je ferme la maison, j'attache toutes les ceintures de sécurité, retourne chercher un des doudous qui a été oublié, vérifie que j'ai bien la clé du magasin, ma paire de solaire pour la route, mes chaussures aux pieds. Je m'énumère tout ce que je dois avoir pris jusqu'à ce que j'arrive devant la mairie. Après, il est trop tard pour faire demi-tour...

Je souffle, je switche sur Radio Classique pour le côté apaisant.

Trois enfants, 45 minutes de route.

Je commence à penser à mes tâches de la journée, administratif, hygiène, rangement, compta. Je rallume ma perpétuelle to do list quotidienne...

On gare notre voiture, je prends mes affaires sous le bras, glisse le bébé dans l'écharpe, ajuste les sacs sur les dos des enfants. Nous voilà, belle ribambelle, à harpenter les quelques rues qui nous mènent à mon magasin.

Nanny ne tarde jamais à arriver. Avec ses 87 ans tout frais, elle vient prendre le relais. Elle va jouer à la bijoutière, la marchande, faire des gomettes, préparer un repas pour trois. Nanny savoure, ses arrières-petits-enfants aussi. J'ai droit à 2 gros bisous, Miettou aussi. Les voilà partis. La journée de travail commence, celle de jeune maman également, en parallèle. Je valse entre la compta, les clients, le bébé à câliner, à changer, à nourrir.

Une jolie matinée est en train de s'achever.

Je vais me chercher un sandwich. Ce midi, je me paie le luxe d'un vrai café chaud.

Je présente les écharpes de portage, les couches lavables, mon bébé à moi en sling, ou sur le sol près de son épais tapis... J'espère parfois que cet enfant là ne dérange pas... Je me dis souvent que c'est le meilleur endroit où il peut être...

Il est 18h30, Ninou et Titou sont de retour. Nanny a les cheveux un peu moins bien serrés que ce matin. Sa pince à cheveux de grand-mère est de travers. Je pense avec remords, comme chaque jour, que ma to do list n'est toujours pas à jour. J'essaie de lâcher mon costume de cheffe d'entreprise pour remettre celui de maman de 3 enfants. Je clos ma caisse, coupe les lumières. On s'apprête tous à partir.

Nous prenons le chemin strictement inverse à ce matin. Il est 18h49, je boucle les 3 ceintures de sécurité, patiente que chacun soit bien installé.

Jazz Radio. 45 minutes de route. Trois enfants. Un déjà endormi. Une qui suce son pouce. Un qui a encore la force de gazouiller.

Il est 20h04. L'enfant endormi ne dort plus. L'enfant qui suce son pouce me raconte un tas de choses que j'écoute de loin, je dois bien l'admettre. Celui qui gazouille attend (im)patiemment que je finisse de vider la voiture. Je mets à chauffer le diner. Je lui donne sa tétée. J'envoie les grands se déshabiller...

Il est 20h26. On mange un morceau, je reprends des forces. 

20h48. on saute dans la voiture, les enfants en pyjama, pour aller chercher papa. Son TER vert est à l'heure. Du monde sort de ce train parisien... Mon Lou est fatigué, plus que demain à travailler et il aura 3 jours pour se poser. 

Les enfants sont endormis, on les dépose dans leur lit. Lou mange un morceau. On a un peu de temps pour discuter. On jette la vaisselle dans l'évier. Il est tant d'aller se coucher. Dans quelques heures, le réveil de Lou sonnera, mais cette fois, on ne remettra pas un réveil pour moi.

Demain, c'est dimanche, j'espère que les enfants sauront dormir. Mon seul jour sans réveil... Pas de week-end chez nous. Juste des dimanches. Souvent, je me dis que ce n'est pas une vie d'infliger de pareils samedis à ma famille... Parfois je me dis que c'est triste des dimanches sans papa...

Alors on s'imagine grands-parents un jour, ou on imagine comment sera notre rythme dans une autre vie... Qui sait, peut-être que dans ses autres vies, je les aurais tous, mes samedis!