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« Vous est-il déjà arrivé de prendre le temps de vous observer ? D'entrer dans la conscience de ce que vous faites, de ce que vous dites ou de ce que vous pensez ? De soupeser les conséquences de vos actes et de vos paroles sur les autres et vous-même ? » André Charbonnier

 

Avez-vous déjà eu l’impression d’être fixé ? Vos sens sont en éveil, votre regard balaie la pièce, votre respiration est irrégulière. Vous reprenez votre activité, mais ce sentiment d’inconfort pèse toujours sur vos épaules…. Je vais vous dire la vérité : il y a votre enfant dans la pièce. Il apprend. 

Cette réflexion, autour de ce que j’appelle "l’éducation passive" m’est venue dans le car scolaire, aux côtés de ma fille. Sur le chemin nous menant à la piscine, j’ai pris place sur mon siège lorsque une petite voix m’a demandé : "Pourquoi tu attaches ta ceinture ? Les grands ils ne le font jamais, ils n’en ont pas besoin." Comme je le fais souvent avec les enfants, je renvoie la question. Cela nous permet de construire une réponse adaptée, ensemble. "Pourquoi doit-on attacher sa ceinture ?" Sans surprise, 5 voix me récitent impeccablement les règles de sécurité. Je leur fais savoir que, n’ayant pas de maillot de bain rouge à mettre au-dessus de mon collant, ni de cape, je souhaite également être sécurisé. 

Les règles de vie, auxquelles nous souhaitons sensibiliser nos enfants, pour être comprises ne devraient souffrir d’aucun passe-droit. Notre fonction de parents nous donne la responsabilité et l’autorité d’établir un cadre respectueux et sécurisant. Mais c’est en vivant dans ce cadre aux côtés de nos enfants que la confiance et leur "estime de soi" grandit. Ils sont des individus à la diction approximative, à la conjugaison arc en ciel et aux narines remplies de doigts que nous devons considérer.  Nous nous disons fatigués de répéter les choses et passons notre temps à les reprendre au lieu d’être. Combien de "Dis au revoir à la dame!" au lieu d’un "Au revoir Madame"?  Combien de "Je suis occupé" et de "Tu ne m’écoutes jamais!" ? Combien de "Tu réponds au Monsieur" et de regards détournés? Combien de "Sois poli." et de vulgarités dites? Toutes ces combinaisons, ces paradoxes s’entrechoquent et rendent difficile la compréhension des règles. Alors pour nous plaire, pour se sentir en sécurité, pour ne pas être éjecté du cadre, ils apprennent. Is récitent des choses qui ne sont que partiellement intégrées et donc que partiellement appliquées. "Mieux vaut une tête bien faites qu’une tête bien pleine" disait Montaigne.

Lâcher prise, sortir de la course à la "bonne éducation" et remettre dans sa poche sa liste interminable d’injonctions. En commençant par cela peut-être aurions-nous le temps d’être polis, d’être patients, d’être attentifs aux autres, d’être respectueux des lieux, d’être.