IMG_9693 (3)

Elle, c'est Ninou, ma jolie blonde. Celle qui m'a appris à devenir Maman. Elle a été patiente, Ninou. J'ai mis du temps à prendre conscience de ma nouvelle responsabilité. Mon nouveau rôle. Je suis Maman. Elle a assuré, j'ai tout de suite pu lui faire confiance, en tant que Fille. Ca m'a permis de faciliter ma Naissance à moi. Ma naissance de Maman. Trop facile, au final...

Lui, c'est Titou, mon beau blond. Celui qui a renversé toutes mes facilités. J'ai tout de suite été sa Maman. Je savais déjà être Maman. Mais j'ai ignoré que je ne savais pas encore être la Maman de cet enfant-là. J'ai mis du temps, à m'en rendre compte. Du temps à prendre conscience qu'être Maman de Titou allait être différent d'être Maman de Ninou.

Ma fille a bien grandi. j'ai toujours su être sa Maman. Je l'ai toujours compris, su la calmer assez aisément, su lui apporter ce qu'elle attend de moi, globalement. Elle correspond assez à ce que je sais de l'enfance. Elle correspond assez à l'enfant que j'étais... ça facilite les choses, de pouvoir s'identifier...

Mon fils a grandi, et je n'ai plus su être sa Maman. Pire, je n'ai pas aimé être sa Maman... Comment pouvais-je être la mère de cet enfant qui n'a plus voulu du lait de sa mère, cet enfant qui est inconsolable par des câlins, cet enfant asthmatique et bien trop énergique? Comment pouvais-je donc être la mère de cet enfant qui n'entend rien de ce qu'on lui dit, qui n'en fait qu'à sa tête, qui se fiche des autres autour de lui? Non, cet enfant, ce n'était pas le mien. Mon enfant à moi, il est doux, gentil, bienveillant, calme... Comme Ninou quoi! Pourquoi lui est si différent??? Certaines psychologies mettent un mot sur ce genre de phénomène. Un mot fort, très fort, peut-être trop fort. Un mot que j'ai mis sur notre situation et qui m'a permis d'avancer : j'ai du faire le deuil de mon enfant idéal. De ce cheminement a découlé la simple prise de conscience que l'enfant est un être à part entière, une personne avec qui nous devons apprendre à vivre.

Alors on se confronte à nos propres limites, nos propres comportements. On se confronte à qui nous sommes vraiment. Je dis "on" car Titou, il nous en a appris des choses sur nous-même, à mon Lou et moi. Je dis "on" parce que Lou, il se reconnait beaucoup dans son enfant... C'est une espèce de crise de couple, ou de famille, ou crise de soi tout simplement, qu'il en engendré en nous, ce petit bonhomme.

Il est le second enfant, celui qui casse tout. Celui qui nous montre qu'on ne sait peut-être pas tout, qui conforte notre nouvelle vie et tire un trait définitif sur la vie d'avant, la vie à deux. Celui qui casse la routine facile qu'on avait instauré à trois. Il est celui qui nous sépare un peu de notre premier enfant. Celui qui fait de nous une famille. Celui qui fait que sa soeur n'est plus seule, eux aussi sont deux, maintenant. Le second enfant, celui qui perturbe tout... Nos craintes ne sont plus les mêmes, nos gestes ne sont plus les mêmes. L'enfant n'est plus le même.

Il nous a appris à nous remettre en question, à voir les choses différemment, à voir les gens différemment. Il nous apprend tellement de choses Titou, avec ses jambes qui courent vite et son coeur gros comme ça...

Je l'ai évoqué avec une pedopsy, mon histoire avec lui. Elle m'a parlé d'un concept : quelle que soit la rencontre entre un parent et son enfant, qu'elle soit biologique ou non, qu'elle soit aisée ou non, au final, il y a toujours ADOPTION. Celle d'un enfant qui est un être à part entière. Mais aussi une adoption mutuelle, entre cet enfant et son parent. Apprendre à vivre ensemble, à s'écouter, avec ce que nous sommes, ce que nous aimons, ce que nous détestons... Et toujours au fond, cet Amour, avec un grand A, qui nous colle aux baskets comme un chewing gum craché trop tôt et tellement indescriptible... Cet Amour qui fait que tout est possible et qui met en lumière toute la richesse que peut nous apporter ce petit homme adoré.